Vivre les paradoxes, ou pas

Publié le par Skinny


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J’y pensais il y a trois jours, autour de la table familiale, tout en ôtant du coin de ma bouche le surplus de foie-gras d’un canard qui fut torturé volontairement dans le but égoïste d’entretenir collectivement et de manière jouissive notre obésité et notre taux de cholestérol. De fait, ce dernier, et pas seulement le matin, va croissant.

 

C’est évident pour tout être ayant un QI supérieur à son tour de poitrine (dans ce comparatif, les femmes partent avec un net désavantage, mais croyez bien que c’est parce que les hommes sont tout simplement plus cons) : les vécus des paradoxes sont périodiques. 
A cette époque de l’année, il fait tellement froid qu’on en vient à donner de l’argent aux clochards (car il est bien connu que le taux de pitié augmente proportionnellement à la baisse de la température extérieure), mais également parce que la conscience nous titille plus facilement en Décembre. Sociologiquement, on peut comprendre qu’un mal être s’empare de nous quand le petit de 3 ans a reçu son 14ème cadeau à 70 euros pendant que derrière la fenêtre (décorée de fausse neige), le clodo (décoré de vraie neige) dort recroquevillé sur un banc avec sa bouteille de mauvais vin, même pas d’appellation.

 

Tout ceci n’est pas très original, aussi bateau que le coup du bain bien chaud pendant qu’un enfant du Sahel crève de soif ou de déshydratation. C’est plus très tendance. Mais voilà encore l’exemple d’un cas de mauvaise conscience saisonnier : en hiver et pendant les fêtes, il est probable que le mal-être généré par ce paradoxe s’envole dès la première bouchée de saumon. En temps de canicule, on coupera fièrement son robinet pendant le brossage de dents, tout en sachant au fond de nous que cela n’empêchera pas les enfants de crever de soif au Sahel (et même les adultes d’ailleurs, mais c’est moins grave).

 

Celui qui s’est fait licencier pour que le boss se paye sa huitième Ferrari est un exemple plus anecdotique, plus rare, mais plus poignant en temps de crise. D’ailleurs les coprophages mediacratiques en font leur festin, barbotant dans une merde plus fraîche et ainsi propice à en éclabousser plus d’un. Merci donc à eux, éclaireurs du caca national ou mondial, porte-étendards des injustices permettant à notre conscience d’exister encore un peu. Il faut dire que vivre le paradoxe du clochard d’en bas de chez soi, ça lasse.


Publié dans Pisses drues

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Sekateur 30/12/2009 23:08


Tout cela ne manque pas de pertinence, on ne pisse jamais assez sur ce monde pourri...


Skinny 31/12/2009 09:43


L'espèce humaine serait-elle le plus grand urinoir de l'univers?
Non, non, y'a du bonheur aussi dans la vie : Youporn.


nymphea 29/12/2009 21:17


C'était un coup de colère ...(.pas de bravo...) j'ai donné plus souvent dans la dérision et l'humour vache ..je prefère ..( quoique ce soit , ça ne sert qu'a se faire plaisir ..soyons lucides)..


Skinny 30/12/2009 11:43



L'humour vache sert surtout à se moquer des tâches, surtout l'humour vache Normande.



nymphea 29/12/2009 17:42


Vous pissez juste et je suis bien aise de trinquer....perso ,j'ai pissouillé de bon coeur sur un putain de buzz qui m'a irritée, (,je n'ai pas votre talent d'écriture ..)bravo !


Skinny 12/01/2010 14:15


On a de la matière. Si j'essaie de faire sourire avec, vous essayez de faire agir. La première tentative est plus facile, en tous cas moins courageuse. Donc bravo
à vous.


Felix 29/12/2009 12:38


je trouve ça drôle et bien écrit.
mais je suis un homme, donc ce jugement est a prendre au second degré.
J'ai pourtant un gros tour de poitrine.... mais j'ai de petits moyens.
Vous en ferez bon usage
MERCI

un clochard de pas sage ....


Skinny 12/01/2010 14:14


Malgré la masculinité de votre sexe, j'accepte le compliment. Je compatis : je suis moi même dans ce cas.
Pour ce qui est de faire bon usage de votre gros tour de poitrine, je n'ai malheureusement pas encore assez bu pour oublier que j'étais hétérosexuel (il n'est que 14h30).

Merci d'avoir posé vos pattes félines dans le coin.