Premier jet

Publié le par Skinny

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Ce matin je pensais au métier de technicien-gréviste RATP et à ses pratiquants qui, dernièrement et avec une régularité journalière, sodomisent par la pensée un certain nombre de capitaleux et de banlieusards pour acquérir une égoïste augmentation de salaire. Cela m’a donné envie d’essayer de me mettre à leur place pour les comprendre, mais malgré quelques efforts, j’ose dire vacants de conviction, je me suis surpris à les insulter intérieurement. Je me trouve inhumain des fois (pour moi ce n’est pas une insulte).

 

En prime (de charbon), ma mauvaise conscience a étalé quelques arguments pour aplatir mon avocat introspectif de la défense, qui, disons-le, n’est plus un fruit très mûr depuis quelques temps. Parmi ceux-ci, le fait que mon grand-père maternel ait dû prendre plus tôt que prévu (et toutes bronches dehors) son billet pour les quatre planches, a dû peser. Si l'on était un peu trop proche des trains à l’époque où c’était vraiment pénible, on bénéficiait de poumons rapidement noircis. Un avantage acquis à coup sûr.  


J’essayais de ne pas y penser l’autre jour en fumant le narguilé, mais je me suis dit que si volontairement je me mettais du charbon dans les poumons, c’était peut-être par solidarité pour les enfants mineurs ou les conducteurs de train qui, il y a quelques décennies, en mangeaient involontairement (un peu comme les dévoués qui votent par solidarité pour ceux qui se sont battus jadis pour la démocratie). Très vite, ma propre franchise a pris le dessus et j’ai compris que c’était juste par plaisir.

 

Hier soir, les trois flocons et demi qui ont parachevé le chef-d’œuvre syndical, mais surtout le chaos qui s’en est suivi sur les diverses lignes de transport de bétail parisiennes ont fini de convaincre mon côté obscur, la faible lueur des néons souterrains aidant.

Publié dans Pisses drues

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